La PMA, on en parle !

Vendredi 5 novembre 2010 5 05 /11 /Nov /2010 09:13
Témoignage

Jumeaux Frydman, nouveaux bébés hors-la-loi. Et les autres ?

Cristina et Muriel, et leurs jumeaux Gabriel et Tristan (Audrey Cerdan/Rue89).

 

 

Le professeur René Frydman a annoncé mercredi soir la naissance, mardi, de Jérémie et Keren. Ces jumeaux ont la particularité d'avoir été conçus avec des ovocytes congelés, au sein d'un hôpital français (Antoine-Béclère), dans les Hauts-de-Seine.

Cette technique de procréation médicalement assistée (PMA) demeure interdite en France. Ailleurs dans le monde, elle a permis la naissance de plus d'un millier d'enfants. Pour les femmes atteintes de certains types de cancers et qui risquent de voir leurs gamètes endommagés par les traitements, ce processus permet de préserver leurs chances d'avoir des enfants qui leur sont biologiquement rattachés.

Frydman joue avec les limites

Cette naissance marque une nouvelle étape dans le rapport de force entre les partisans d'une vision plus libérale et le législateur.

René Frydman, qui est connu pour avoir donné naissance à Amandine, le premier bébé éprouvette, en 1982, joue ici avec les limites : il revendique d'avoir choisi une technique de cryopréservation lente, qui n'est pas explicitement interdite par la loi, contrairement à la congélation dite « ultrarapide » (ou encore « vitrification »). C'est cette dernière qui est précisément prohibée puisqu'en France, on l'assimile à de la recherche sur l'embryon.

La France limite donc la conservation des gamètes femelles alors qu'il est parfaitement légal de congeler des gamètes mâles et que l'on congèle les embryons en France depuis le milieu des années 1980.

Certains professionnels réclament donc un assouplissement depuis plusieurs années et le professeur Frydman a voulu frapper un grand coup. Pourquoi maintenant ? Le Parlement doit réviser ces prochaines semaines le dispositif législatif encadrant la procréation médicalement assistée, mais rien n'est prévu pour assouplir la conservation des gamètes femelles.

Un assouplissement très restreint de la loi

Le nouveau texte, qui amende la loi bioéthique de 2004, aura une portée très limitée sur les frontières de la légalité en ce qui concerne les techniques de procréation médicalement assistée.

Le législateur ne devrait autoriser par exemple ni la gestation pour autrui (le recours aux mères porteuses), ni l'accès au don de sperme pour les femmes célibataires ou les lesbiennes en couple. Et pas davantage le recours au don d'ovocyte pour les femmes ménopausées puisque la loi dit autorise la PMA seulement pour les femmes « en âge de procréer ».

Rue89 a rencontré sept parents qui ont fait des enfants en contournant, eux aussi, la loi française. Le plus souvent à l'étranger, où les législations sont bien plus libérales.

Deux jours après la naissance des jumeaux hors-la-loi de René Frydman, voici comment ils racontent ce qui s'apparente pour certains à un combat épuisant, à une aventure toujours. Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de bébés naissent « hors les clous ». Chloé Leprince

Muriel, 36 ans, et Cristina, 45 ans

► Coût : 15 000 euros

« On a d'abord pensé à la coparentalité, qui est une sorte d'insémination artisanale, avec un homme de notre entourage, mais on n'a trouvé personne avec qui ça collait. Et, finalement, on s'est dit qu'on voulait avoir nos enfants à nous deux. On avait envie que chacune en porte un, dont le sperme viendrait du même donneur.

Comme beaucoup de couples de lesbiennes, on s'est penchées sur l'IAD (insémination artificielle avec le sperme d'un donneur), interdite en France. Pour des raisons pratiques, on a d'abord été en Belgique, mais comme Cristina allait avoir 41 ans et en raison d'une pénurie de sperme, ils ont décidé de donner la priorité à des plus jeunes.

On s'est donc tournées vers l'Espagne, pays d'origine de Cristina. Mais ça fait monter la facture : chaque insémination coûte 750 euros, et il faut sauter dans un avion du jour au lendemain quand le gynécologue à Bilbao constate à distance que l'ovulation est en cours.

Après cinq échecs, on a décidé que ce serait moi, la plus jeune, qui essaierais. Il a fallu six tentatives pour que je tombe enceinte, un chiffre à peu près dans la moyenne. On avait une chance sur quatre d'avoir des jumeaux, et ça n'a pas loupé : Tristan et Gabriel, faux jumeaux, sont nés il y a quatorze mois.

A côté de nos amis hétéros, dont les inséminations sont remboursées par la Sécu, on se sent discriminées. C'est déjà un traitement lourd, les stimulations hormonales, les jours à poser au boulot, la tristesse de chaque grossesse qui n'a pas réussi… Si en plus il faut ajouter environ 15 000 euros à tout ça, il n'y a pas beaucoup de couples qui résisteraient. » Recueilli par Sophie Verney-Caillat

Par p@scale - Publié dans : La PMA, on en parle ! - Communauté : PMA, ADOPTION: on veut un bébé
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Lundi 4 octobre 2010 1 04 /10 /Oct /2010 14:41

C’est un pionnier de la procréation médicalement assistée qui est récompensé cette année par le prix Nobel de médecine : Robert Edwards a développé la fécondation in vitro et permis la naissance du premier bébé éprouvette en 1978.

 

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Les bébés épuisette lui disent merci !

 

 

Pour lire l'article, c'est ici : link

Par p@scale - Publié dans : La PMA, on en parle ! - Communauté : PMA, ADOPTION: on veut un bébé
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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /Jan /2010 12:30


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Graine de bébé
Thierry Lenain, Serge Bloch
Ed. Nathan, 2003

Ce livre fait l’inventaire plutôt réaliste des questions que se posent certains enfants très tôt. Il y apporte des réponses précises et techniques, y compris sur la fécondation in vitro et l’accouchement par césarienne, avec des mots simples.



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Constantin et Linvitro

Lia Singh, Lain Longuet
Ed. Loisirs et pédagogies, 2000

Constantin a été conçu par fécondation in vitro . Il désire ardemment avoir un petit frère. Sa grand-mère lui parle du mystère de notre existence. Elle lui raconte aussi comment il est venu à la vie. A la suite d’une aventure, Constantin découvre que son meilleur ami, Basile, est comme un frère.


Par p@scale - Publié dans : La PMA, on en parle ! - Communauté : FIV ICSI
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Mercredi 23 décembre 2009 3 23 /12 /Déc /2009 15:19

La pente glissante de l’eugénisme

Par JACQUES TESTART directeur de recherche honraire à l'Inserm

 

Contrairement au diagnostic prénatal (DPN), qui porte sur le fœtus, le diagnostic préimplantatoire (DPI) permet de trier les embryons fécondés in vitro avant leur transfert dans l’utérus. La loi de bioéthique de 1994 avait autorisé le DPI dans des cas «strictement contrôlés» pour éviter des maladies «particulièrement graves» et incurables. Depuis quelques années, les critères exigés faiblissent partout en Europe. D’abord se sont imposés des handicaps relatifs (hémophilie, diabète…) qui n’empêchent pas une vie «digne d’être vécue» moyennant une certaine médicalisation. Puis fut justifié le DPI d’utilité sociale, aussi bien avec le «bébé-médicament», qu’on choisit dans l’œuf pour que ses cellules permettent de soigner un frère malade, qu’avec la sélection du sexe dans certains pays. Ensuite, le DPI s’est élargi au risque esthétique (le strabisme en Grande-Bretagne) avant de concerner le gros morceau que représentent les probabilités de pathologies : ici ce n’est plus le handicap inévitable qui est en jeu mais l’éventualité que l’embryon devienne une personne malade, par exemple d’un cancer.

C’est dire que chaque parent potentiel et chaque embryon sont alors considérés comme des «patients à risque», objet d’une traque infinie. Dans son Avis N°107 (novembre 2009), le comité national d’éthique (CCNE) a proposé un nouvel élargissement du DPI qu’on peut nommer «le dépistage opportuniste». L’argument est que, s’il existe une indication médicale pour y recourir, pourquoi ne pas repérer les trisomies dans la foulée ? Sachant que 95% des trisomies 21 («mongolisme») détectées pendant la grossesse par DPN font l’objet d’un avortement, grâce au DPI indiqué par ailleurs pour une mutation génique, on pourrait éviter un acte ultérieur d’avortement pour trisomie fœtale. Cette logique amène le CCNE à proposer le dépistage en dehors d’un facteur de risque identifié !

Pourquoi alors tout patient que la stérilité a conduit à la fécondation in vitro (FIV) ne revendiquerait-il pas le droit à ce même dépistage des trisomies pour ses embryons déjà disponibles ? Cet «avantage» étant acquis, pourquoi ne pas être complètement logique et efficace en élargissant le DPI opportuniste au-delà des trisomies, jusqu’aux dizaines de mutations qu’on sait déjà dépister ? En effet, cette même philosophie pragmatique qui entend profiter de l’existence d’embryons in vitro pour les trier ne devrait pas trouver d’arguments sérieux contre un «DPI intégral», pourvu que les embryons se trouvent déjà en éprouvette ! D’autant que de nombreuses maladies génétiques ne sont pas héréditaires mais, tout comme les trisomies, peuvent atteindre l’embryon de façon non prévisible.

Resterait alors le pas final, celui du «DPI universel» qui consisterait, pour les couples non stériles et sans facteur de risque particulier, à concevoir en éprouvette dans le seul but de bénéficier d’une telle garantie sur le «produit enfant». Cela ne peut arriver massivement que si le service eugénique du DPI n’oblige pas au parcours du combattant (de la combattante) qu’impose encore la médicalisation de la FIV. Or, il devrait devenir possible de s’exonérer de ces servitudes (stimulations hormonales, prises de sang, échographies, ponctions folliculaires…) dès qu’on saura produire massivement des ovules fécondables en laboratoire à partir d’une unique biopsie de la paroi ovarienne, riche de milliers d’ovocytes (les précurseurs des ovules). Cette technologie est en cours de mise au point dans les laboratoires vétérinaires.

Au tout début du DPI, le CCNE avait désavoué cette technique parce qu’il y voyait poindre l’eugénisme. Ainsi dans son avis N° 19 du 18 juillet 1990 il écrivait que «le diagnostic génétique préimplantatoire conduirait à une dérive des indications de la procréation médicalement assistée[…] le Comité réaffirme les considérations éthiques de son précédent avis et recommande de ne pas entreprendre de diagnostics génétiques préimplantatoires. Le développement des connaissances, l’ouverture de nouvelles voies pourraient, pendant les prochaines années, modifier l’état actuel…» Or, c’est le même CCNE qui aujourd’hui propose d’abattre une limite prétendue importante, celle de la connaissance d’un risque particulier présenté par le couple puisque même l’âge maternel (principal facteur reconnu pour le risque de trisomies) semble ici négligé. Quelles sont donc ces «nouvelles connaissances» ou «nouvelles voies» qui justifieraient une telle évolution puisqu’on savait déjà détecter les trisomies dans l’embryon dès le début du DPI ?

Ce qui frappe dans ces concessions progressives aux principes initialement défendus, c’est qu’elles ne sont pas vraiment motivées par «l’avancement des connaissances et des techniques», mais plutôt par l’accoutumance et le désir d’efficacité. Comment ne pas voir alors que le glissement progressif vers un eugénisme de masse, pour lequel le DPN n’est pas compétent, est bien inscrit dans la stratégie du DPI ? Toute extension du champ d’intervention du DPI peut être considérée comme une nouvelle dérive si elle ne s’accompagne pas d’une règle claire et définitive pour circonscrire ce champ. Puisque les dérives se succèdent en l’absence de progrès technique, tout devient possible quand surgissent de «nouvelles voies». La seule inconnue alors est le moment où les éthiciens paresseux s’étonneront en constatant encore une fois que «la science est allée plus vite que l’éthique…»

 

Par p@scale - Publié dans : La PMA, on en parle ! - Communauté : PMA, ADOPTION: on veut un bébé
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